Débats de la semaine

L’éthique, une vertu purement féminine ?
Débats de la semaine
Le 14 mai 2012
 
 

L’éthique, une vertu purement féminine ?

  • ange

La femme est le contraire de l’homme, opposition reposant sur de nombreux clichés.
A une époque où la première génération féministe s’essouffle et qu’il est acquis qu’il n’y a pas de différences de nature entre les deux sexes, la question de la moralité féminine se pose avec acuité.
Si les femmes prennent le pouvoir, en feront-elles un usage plus éthique ou moral que les hommes avant elles ?
Guerre des sexes ? Non... débat de la semaine !

 
Statistiquement "coupables" !

Statistiquement, il est reconnu que les hommes sont quantitativement et dans leur grande majorité les responsables de la majorité des infractions à la loi ou aux manquements à la morale publique : 85% des homicides sont masculins, 98% des crimes sexuels y compris sur mineur partagent le même constat, 92% des prisons sont pleines d’hommes.

La gente masculine reste empiriquement du côté de la violence et de la transgression, les femmes du côté des victimes. Ces quelques données suffisent-elles à faire de la gente féminine des êtres plus moraux ?

Quelques éléments de réponses

Comme à mon habitude et n’ayant pas encore le recul suffisant ni l’expérience, je ne pourrais y répondre qu’en prenant les conceptions utilitaristes communes, et ces dernières nous disent :

« Les actions bonnes le sont en proportion de leur tendance à favoriser le bonheur et les mauvaises le sont en tant qu’elles tendent à produire le contraire du bonheur ».

Alors l’affaire est entendue : ces statistiques plaident pour l’évidente supériorité morale des femmes.
Nous en conviendrons, celles-ci peuvent être par ailleurs les pires pestes avec leurs semblables !  Reste cette différence irréductible dans le passage à l’acte violent, destructeur et meurtrier qui peut croire à bon droit notre débat. Merci, au revoir !


  • parite
Allons plus loin

Elargissons le débat en nous demandant pourquoi les femmes tuent, violent et agressent physiquement moins que les hommes. Est-ce par vertu ?
Par une disposition naturelle à préserver la vie en la donnant le plus souvent ? Ou plus simplement, parce ce qu’elles n’ont pas la même force physique ou le pouvoir de passer à l’acte ? Les questions sont posées.

En bon psychorigide que je suis, je dirais que seule une intention conforme aux règles édictées est morale.
Vous m’objecterez que les envies de meurtre seront toujours moins immorales que de vrais homicides, mais, je vous répondrais en vous disant que s’abstenir de la violence n’est pas en soi vertueux si la volonté n’y est pour rien, si l’on n’est juste pas conformé pour ou empêché de le faire.

Autrement dit, si femmes et hommes se trouvaient dans les mêmes conditions physiques et psychologiques d’exercer la violence, les statistiques seraient-elles les mêmes ?


  • parite2
Un premier élément de réponse…
...remis en cause

Quittons les considérations philosophiques et revenons à un fait d’actualité encore frais. Je parle de la photo prise dans une prison d’Abou Ghraib ou c’est une femme soldat qui inflige souriante la torture à un prisonnier irakien.
Toutes les études le prouvent, de la psychologie sociale de Phillip Zimbardo en passant par Jean Léon Beauvois et sa fameuse expérience de Milgram, elles débouchent  toute sur une absence de distinction entre homme et femme.  Mouais, je n’y crois pas…

C'est encore ici que tout se passe....

C'est encore ici que tout se passe....

Emotion contre raison

Et rendons visite au « neurone de l’empathie »…que l’on retrouve bien sûr là ou on le cherche, c'est-à-dire du côté du cerveau féminin.

L’expérience a consisté à montrer à quatorze femmes et quatorze hommes des photos montrant des actes de violence ou de transgression morale tout en observant par imagerie médicale leurs cerveaux. Celles des femmes étaient les aires associées aux émotions, celles des hommes les régions de la cognition.

Conclusion : les femmes jugent avec leurs émotions et les hommes selon la raison, et voilà pourquoi ceux-ci sont plus fiables que celles-là. Oula….Mesdames à vos réactions !

Rajoutons une couche. Quand ce ne sont pas les neurones, ce sont les hormones qui seraient la cause de cette irréductible différence entre les sexes et bien évidemment si Lehmann Brothers s’était nommée Lehmann Sisters, la banque n’aurait pas fait faillite….Bien évidemment !


Alors existe-t-il une morale féminine fondée sur la vulnérabilité de tout être et l’attention à autrui ? La question est bien une question d’époque. Celle d’une époque brutale, alors que se formulent de nouvelles utopies, d’autres mondes, ou l’empathie, le soin des vulnérables, l’attention aux autres et à la planète, la coopération, le collaboratif seraient des valeurs nouvelles.

Et l’on est en droit, tout comme Françoise Héritier dans son ouvrage « Masculin-Féminin », de les trouver plus bénéfiques pour tout le monde que les vertus viriles…au risque de faire flageoler l’ego masculin !

Messieurs, tous aux abris !

Au fil des lectures, nous observons dans un long article de Hanna Rosin intitulé « The end of men » (un brin féministe)  prenant acte de la prise de pouvoir des femmes, devenues pour la première fois aux Etats-Unis majoritaires parmi les salariés du secteur privé, et donc une réelle force économique, constatant même que dans 162 pays « plus le pouvoir des femmes était grand, plus florissante était l’économie ». Bon…faisons les bagages messieurs !

Le système différentiel des valeurs est-il en train de changer ? Rien n’est moins sûr, car c’est bien selon les critères de domination des hommes qu’est évaluée cette nouvelle supériorité féminine.

Dès lors, se demander si les femmes sont moralement meilleures que les hommes, n’est pas typiquement une question d’homme ! Le reconnaitre, ne serais ce pas flatterie et concession ?
Reconnaître votre belle âme Mesdames pour mieux se rassurer sur la permanence de sa propre supériorité par ailleurs ? C’est en tout cas poser une compétition… virile !

Que les arguments s’affrontent !

  • sign lionel
  • apropos

Participer à ce débat en cherchant du côté des philosophes ? Mauvaise idée ! Florilège édifiant…

  • Hegel dans son ouvrage « Principes de la philosophie et du droit » : « La différence entre l’homme et la femme est celle qu’il y a entre l’animal et la plante »
     
  • Schopenhauer dans son « Essai sur les femmes » : « Les femmes sont le sexus sequor, le sexe second à tous les égards, fait pour se tenir à l’écart et au second plan. Certes, il faut épargner leur faiblesse, mais il est ridicule de leur rendre hommage, et cela même nous dégrade à leurs yeux »
     
  • Nietzsche dans son ouvrage « Ainsi parlait Zarathoustra » : « Le bonheur de l’homme est de dire, je veux ! Le bonheur de la femme, c’est de pouvoir dire, il veut »
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